En trame de fond, une prière. Des rites chrétiens sont montrés : bénir un repas, baptiser un enfant, enterrer un défunt, donner la confirmation à des jeunes, écouter un sermon... Le personnage biblique, Job, est plutôt bien mis en valeur :
pourquoi le malheur ne s'abat pas forcément sur ceux qui le méritent ? pourquoi ce sont les meilleurs qui partent toujours le plus tôt ? Le film a le mérite de permettre au spectateur de se poser ces questions, essentielles dans l'expérience de l'existence humaine.
Malheureusement, on ne va pas au bout des choses. Une interprétation honnête du livre de Job aurait été de le rejoindre dans sa confiance inébranlable dans le Dieu vivant. Ici, le Dieu d'Israël devient
un Dieu lointain (jusqu'au lointain des galaxies !) et
sans visage, qui jamais ne répond ni ne s'engage. L'enfant est certes baptisé, mais il n'est pas question de mort et de résurrection, ni du Dieu trinitaire. A la confirmation, point d'Esprit Saint. Chez les soeurs, le choix entre "la nature" et "la grâce"... je veux bien y réfléchir, mais il y a peut-être d'autres voies...
L'arbre de vie ici n'a
pas beaucoup de lien avec ces arbres de vie que l'on trouve dans la tradition biblique : à la Genèse, avec son fruit de connaissance du bien et du mal ; chez les prophètes, au bord de l'eau, avec leurs fruits chaque mois et dont le feuillage jamais ne meurt, et dans l'apocalypse ; dans l'évangile, où le sacrifice du Christ sur le bois de la croix devient source de fécondité éternelle. Il est là, l'arbre de vie !
Me voici donc avec un avis très mitigé sur ce film. Oui, il fait réfléchir, et pose de bonnes questions.
Mais c'est lourd, et surtout très long !